Friday, April 1 2016

Une nouvelle agence de financement pour la recherche scientifique

En marge du débat parlementaire sur la loi portant sur une Republique Numérique, présentée par Axelle Lemaire, a refait surface la désormais bien vieille question du libre accès aux résultats de la recherche scientifique, et en particulier aux articles scientifiques. La question n'est pas nouvelle, mais tenez-vous bien, la conclusion qu'on vient d'en tirer aujourd'hui est révolutionnaire: une nouvelle agence de financement de la recherche, entièrement financée par les éditeurs scientifiques, et auto-gérée par les chercheurs peut enfin voir le jour!

Portez-patience, lisez tout, et vous m'en direz des nouvelles!

De la diffusion à la captation du savoir

D'abord, un peu de contexte: les plus agés d'entre nous se rappellent que les éditeurs scientifiques d'antan remplissaient bien un rôle indispensable, quand la diffusion de copies imprimées dans le réseau des bibliothèques était le moyen le plus efficace et économique pour la diffusion du savoir. Et à cette époque, les scientifiques ne se posaient pas trop de question quand les éditeurs leurs demandaient la cession intégrale de leurs droit d'auteur, et bien sûr, sans aucune remuneration, comme condition pour paraitre dans un journal ou des actes de congrès.

Mais ce mariage d'intérêt avec la communauté scientifique a progressivement viré au divorce avec l'évolution des technologies modernes: les éditeurs se sont transformés pour la plupart en simples imprimeurs et la captation indue des droits d'auteur des scientifiques est devenue le socle d'un monopole qui s'est approprié sans véritable contrepartie une partie grandissante du financement de la recherche, et poussé sur le bord du précipice les budgets des bibliothéques universitaires, étranglées par des prix d'abonnement en continuelle augmentation qui ont fait exploser les benefices des quelques grandes maisons d'editions scientifiques, devenues aujourd'hui richissimes puissances financieres.

On est passés des éditeurs diffuseurs du savoir, à l'époque des bibliothéques, aux imprimeurs qui captent le savoir, et empechent les lecteurs d'y acceder en ligne, en mettant des paywalls partout.

L'Open Access à la rescousse ...

Pour pallier ce problème, le mouvement pour l’Open Access, né il y a plus de quinze ans, insiste sur l’importance de rendre à nouveau facilement disponible la connaissance, dans les nouvelles bibliothèques virtuelles qui sont aujourd’hui les sites web académiques.

L’idée est simple : un article scientifique en Open Access doit pouvoir être accessible sur le web sans passer par des paywalls.

... ou pas ?

Mais il y a un hic : dans l’état actuel des choses, un chercheur n’est pas du tout sûr de pouvoir mettre en ligne un article scientifique qui est accepté dans un journal ou une conférence prestigieuse. En effet, il est pris en tenaille entre

  • d’un côté, l’obligation, imposée par l’imprimeur, de céder ses droits patrimoniaux, pour que l’article soit publié dans une revue ou des actes contrôlés par les éditeurs, ce qui en entrave la distribution en Open Access ;
  • de l’autre côté, l’obligation, imposée par les différentes agences d’évaluation et de recrutement, et des fois par nos propres communautés scientifiques, de publier dans des revues ou actes qui sont prestigieux parce que existant depuis longtemps, et donc presque tous contrôlés par ces mêmes grands imprimeurs ;

Eh oui : pour un chercheur qui déciderait de se lancer uniquement dans l’Open Access, et boycotter les imprimeurs monopolistiques, adieu le bon indice h, et au revoir le gros facteur d’impact ! Et oh combien bas il se retrouvera dans les classements basés sur Scopus ou le Web Of Science... que les imprimeurs ont réussi a faire adopter, avec un joli coup de pouce venant de Shanghai, par nos gouvernants et plusieurs collègues comme mesure ultime d’excellence scientifique.

Cachez cette solution, qu’on ne saurait voir...

Pourtant, une solution simplissime à ce dilemme existe bien, et elle est déjà codifiée dans la loi depuis des décennies : elle se niche dans le très joli article L-131-4 du code de la propriété intellectuelle qui dit très simplement.

La cession par l’auteur de ses droits sur son œuvre peut être totale ou
partielle. Elle doit comporter au profit de l’auteur la participation
proportionnelle aux recettes provenant de la vente ou de l’exploitation.

Pour être clair : le terme « cession d’un droit » signifie que celui qui le cède ne les a plus, et celui qui le reçoit il les a en exclusivité.

Eh oui, la cession gratuite des droits d’auteur à un éditeur paraît bel et bien interdite. Cela veut dire que les centaines de milliers de formulaires préremplis sur lesquels des maisons d’édition de tous les pays nous ont extorqué notre signature sont foncièrement contraires à la loi.

Et pas n’importe quelle loi : c’est bien le même code de la propriété intellectuelle dans lequel on a instauré une rémunération pour copie privée qui n’exonère pas les hôpitaux, qui sont aujourd’hui parmi les plus grands utilisateurs de DVD, de contribuer au financement de la culture ; et c’est surement une bonne chose... on m’a toujours dit qu’écouter du Mozart fait produire plus les vaches laitières, cela doit certainement faire du bien à la santé.

La voilà, donc, la solution : face à l’ampleur de la violation des droits, tant en extensions (tous les scientifiques), qu’en durée (des décennies), on se saurait attendus à voir voter, à fureur de peuple, un simple article d’intérêt public rappelant le droit et stipulant :

La cession des droits patrimoniaux sur un article scientifique n’est pas
permise. Toute stipulation contraire dans les contrats existants et futurs
est considérée nulle et non avenue.

C’est d’ailleur à peu près ce que proposait un amendement plébiscité par notre communauté.

Il n’y a nul besoin de céder ses droits à un imprimeur pour qu’il puisse inclure dans ses revues nos articles, pour lesquels il ne nous a pas rémunérés : il suffit de lui concéder un droit non exclusif pour qu’il publie sa version, tout en gardant pour nous le droit de faire ce que nous voulons avec la notre, y compris la déposer sur une archive ouverte ou plusieurs, à notre guise.

Mais on sait bien qu’on préfère souvent faire compliqué et inefficace quand on pouvait faire simple et efficace : cette solution évidente, pourtant bien mise en avant, n’a été jamais prise en compte... fort heureusement !

... Et fêtons la naissance de l’APRAPR !

Eh oui, si on avait adopté cette simple solution, la violation massive et pluridécennale des droits des auteurs scientifiques aurait été effacée sans aucuns frais pour les perpetrateurs de ces méfaits.

Il est vrai que si les clauses abusives avaient été considérées nulles et non avenues, on aurait récupéré nos droits automatiquement sans avoir à faire de procès, et l’Open Access, massif, serait une réalité aujourd’hui.

Mais on aurait risqué de perdre la possibilité d’exiger le versement, assorti de dommages et intérêts, de la juste rémunération des auteurs scientifiques qui ont été spoliés de leurs droits pendant des décennies.

Grâce à la lungimirance de nos pouvoirs publics, et de nos parlementaires, qui ont écarté la solution décrite plus haut, aujourd’hui, nous pouvons heureusement lancer l’APRAPR, Agence Pour le Recouvrement de l’Argent de la Recheche Publique.

Il s’agit d’une « société d’auteurs » qui va se charger d’attaquer en justice les éditeurs fautifs, et demander le remboursement, avec les dommages et intérêts, des rémunérations dues en vertu de l’article L-131-4 en échange de la cession des droits extorqués par les éditeurs, et non perçus par les auteurs scientifiques.

En représentant tous les auteurs, l’APRAPR pourra exiger qu’on considère comme assiette pour le recouvrement la totalité des revenus des éditeurs, ce qui revient, pour les plus grands, à plusieurs milliards d’euros par an.

Avec les intérêts de retard et les pénalités sur plusieurs décennies, on peut estimer que l’APRAPR pourra arriver à récupérer des sommes très considérables. Comme d’usage dans le monde des sociétés d’auteur, cet argent sera ensuite utilisé pour financer les nouvelles créations, c’est à dire, pour nous, la recherche, et tout cela, en pleine autogestion.

Pour adhérer à l’APRAPR, n’attendez plus, allez tout de suite sur cette page... qu’on se le dise !

Saturday, November 14 2015

Seulement la lumière peut vaincre l'obscurité

Difficile réveil, après l'attaque meurtrière que l'obscurantisme vient de porter à notre Ville Lumière. Nous sommes encore en état de choc, en train de chercher à savoir si tel ami, tel collègue, telle autre connaissance sont parmi les victimes de ces actes barbares.

Mais nous ne laisserons pas paralyser par la peur.

Seulement la lumière peut dissiper l'obscurité, seulement la raison peut vaincre le fanatisme, seulement la connaissance peut faire disparaître l'ignorance.

Notre mission d'enseignants, de chercheurs, de développeurs, et d'intellectuels en général est devenue aujourd'hui encore plus essentielle: nous allons nous y engager avec une énergie renouvelée, et une détermination encore plus forte.

Sur un ton plus léger, aujourd'hui j'ai décidé de changer le style de ce weblog : des couleurs plus claires, et plus de légèreté, pour faire écho à cette Lumière qu'il est de notre devoir de répandre autour de nous.

Wednesday, October 14 2015

Reprenons nos droits sur nos articles scientifiques

On a été alertés par divers moyens (CNRS, bibliothèques, listes de diffusions, etc.) de l'importance de réagir à la proposition de loi dite "numérique" qui, pour une première fois, est en cours de commentaire public. L'article qui touche le plus directement l'activité de recherche est le n. 9, intitule solennellement "Libre accès aux publications scientifiques de la recherche publique". J'ai déposé sur la plateforme un amendement à ce texte, que je n'accepte pas en l'état, pour les raisons que j'explique dans la suite.

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Thursday, October 30 2014

Saved (yet another time) by an external solver for apt!

Did you know that you can ask apt-get to invoke an external solver for handling the dependency hell that sometimes plagues your upgrades? Well, just now, again, this feature saved my day, and it is just a matter of typing a short option!

Instead of the standard

apt-get install libreoffice

that failed to propose a decent upgrade, as detailed later, I typed

 apt-get --solver aspcud install libreoffice

that returned this pretty good solution

apt-get --solver aspcud install libreoffice
Reading package lists...
Building dependency tree...
Reading state information...
Execute external solver...
The following extra packages will be installed:
  coinor-libcbc3 coinor-libcgl1 coinor-libclp1 coinor-libcoinmp1
  coinor-libcoinutils3 coinor-libosi1 libabw-0.1-1 libcdr-0.1-1
  libe-book-0.1-1 libetonyek-0.1-1 libfreehand-0.1-1 libgltf-0.0-0
  libmspub-0.1-1 libmwaw-0.3-3 libodfgen-0.1-1 liborcus-0.8-0 libpython3.4
  libpython3.4-minimal libpython3.4-stdlib libreoffice-base
  libreoffice-base-core libreoffice-base-drivers libreoffice-calc
  libreoffice-common libreoffice-core libreoffice-draw libreoffice-gtk
  libreoffice-impress libreoffice-java-common libreoffice-math
  libreoffice-style-galaxy libreoffice-style-tango libreoffice-writer
  libvisio-0.1-1 python3-uno python3.4 python3.4-minimal uno-libs3 ure
Suggested packages:
  hyphen-hyphenation-patterns libreoffice-gnome libreoffice-kde
  libreoffice-grammarcheck libreoffice-l10n-4.3 myspell-dictionary unixodbc
  gstreamer1.0-ffmpeg libreoffice-officebean libreoffice-gcj
  libreoffice-report-builder libjtds-java libreoffice-mysql-connector
  libmyodbc libmysql-java libreoffice-sdbc-postgresql odbc-postgresql
  libpg-java libsqliteodbc tdsodbc mdbtools ocl-icd-libopencl1
  libreoffice-style-crystal libreoffice-style-hicontrast
  libreoffice-style-oxygen libreoffice-style-sifr fonts-crosextra-caladea
  fonts-crosextra-carlito python3.4-venv python3.4-doc
The following NEW packages will be installed:
  coinor-libcbc3 coinor-libcgl1 coinor-libclp1 coinor-libcoinmp1
  coinor-libcoinutils3 coinor-libosi1 libabw-0.1-1 libcdr-0.1-1
  libe-book-0.1-1 libetonyek-0.1-1 libfreehand-0.1-1 libgltf-0.0-0
  libmspub-0.1-1 libmwaw-0.3-3 libodfgen-0.1-1 liborcus-0.8-0 libvisio-0.1-1
The following packages will be upgraded:
  libpython3.4 libpython3.4-minimal libpython3.4-stdlib libreoffice
  libreoffice-base libreoffice-base-core libreoffice-base-drivers
  libreoffice-calc libreoffice-common libreoffice-core libreoffice-draw
  libreoffice-gtk libreoffice-impress libreoffice-java-common libreoffice-math
  libreoffice-style-galaxy libreoffice-style-tango libreoffice-writer
  python3-uno python3.4 python3.4-minimal uno-libs3 ure
23 upgraded, 17 newly installed, 0 to remove and 1864 not upgraded.

So, next time you run into trouble, try the external solver, and wait the extra time (maybe 30 seconds)... it may be well worth the wait.

Just make sure you have aspcud and apt-cudf installed for this to work!

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Wednesday, May 21 2014

Static analysis of software component repositories : from Debian to Opam

Component repositories are becoming an essential part of the Free Software landscape, and grow at a steady pace. Ensuring their quality is of paramount importance, and is a difficult task. One natural question to ask when performing quality assurance is the following : what are the components p in a given repository R that cannot be properly installed?. Unfortunately, there can be many reasons why an installation may fail, and some of these will only be detected on the particular environment of the final user, no matter what amount of testing one tries to do beforehand.

But there is a full class of reasons, related to package interdependencies, that can be found by performing a static analysis of repositories, with no testing at all. This static analysis, originally designed for GNU/Linux distributions, is of general interested, and we are now introducing it for the Opam ecosystem.

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Wednesday, March 5 2014

User preferences for dependency solvers: a short survey, and new features added in the latest aspcud solver

A key component of a modular package manager architecture is a solver able to handle dependency problems efficiently, and compute a solution which is aligned with the user preferences. Aspcud is one of the most successful such solvers, and its new release 1.9 version brings some new features to the limelight. Let's take some time to sum up the essential concepts today.

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Thursday, June 20 2013

Arnaques par Internet: le cas des petites annonces et des faux messages Paypal

Depuis le temps que je suis en ligne, j'en ai vu de toutes les couleurs en terme d'abus et arnaques, mais la il y en a une que je ne connaissais pas encore... en voici les éléments essentiels.

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Monday, May 27 2013

Saved (again) by an external solver for apt!

Did you know that you can ask apt-get to invoke an external solver for handling the dependency hell that sometimes plagues your upgrades? Well, just now, again, this feature saved my day, and it is just a matter of typing a short option!

Instead of the standard

apt-get install fetchmail

that proposed an horrendous upgrade path detailed below, I typed

 apt-get --solver aspcud install fetchmail

that returned this easy solution

apt-get --solver aspcud install fetchmail
Reading package lists... Done
Building dependency tree       
Reading state information... Done
Execute external solver... Done
The following extra packages will be installed:
 libc-dev-bin libc6 libc6:i386 libc6-dbg libc6-dev libc6-i386 libc6-i686:i386 locales
Suggested packages:
 fetchmailconf resolvconf glibc-doc glibc-doc:i386 locales:i386
The following packages will be upgraded:
 fetchmail libc-dev-bin libc6 libc6:i386 libc6-dbg libc6-dev libc6-i386 libc6-i686:i386 locales
9 upgraded, 0 newly installed, 0 to remove and 2776 not upgraded.
Need to get 25.9 MB of archives.
After this operation, 10.7 MB of additional disk space will be used.
Do you want to continue Y/n? Y

Just make sure you have aspcud and apt-cudf installed for this to work!

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Monday, February 25 2013

Phishing in (less than) 140 characters...

Well, I thought I had seen everything in phishing, but this is kinda new: somebody tried to hook me up using bit.ly shortened url pointing to a fake twitter password verification page.

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Friday, February 8 2013

Optimising the disk footprint of GNU/Linux distributions for the Cloud

Did you know that the standard, off the shelf GNU/Linux instances you can get on Amazon are usually largely bigger than waht you actually need? Well, our well established Mancoosi tools can help you (again!).

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Tuesday, December 11 2012

Another successful install thanks to Mancoosi

In december, I attended the wonderful Ocsigen days organised by the Ocsigen team at Irill. For this, I set up a virtual machine installed with Debian testing, that sports a recent version of Debian's apt :

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Tuesday, November 6 2012

Rapprocher la recherche publique et l'entreprise: la piste du Chèque Formation Conseil Innovation.

"Décloisonner la recherche publique et l'entreprise", pour faciliter le transfert d'expertise et l'innovation: voilà un sujet qui a fait couler beaucoup d'encre, et qui continue de passionner notre classe dirigeante. La raison est que, plus de dix ans après la loi sur l'Innovation et la Recherche, après des grandes masses d'argent public dépensés en dispositifs divers, allant du Crédit Import Recherche (CIR), aux projets collaboratifs de toutes sorte (ANR, FUI, FEDER, Programme cadre Européen, etc.), le constat reste mitigé, et on n'arrive toujours pas à faire décoller l'innovation. Il faut peut-être porter un regard nouveau sur la question, et chercher des catalyseurs différents.

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Friday, September 21 2012

Maintenant en France, le logiciel libre dans l'administration est officiellement une bonne idee

En général, pendant le moi d'août, les gouvernements profitent de la baisse d'attention pour passer des mesures à la popularité douteuse, comme l'augmentation du prix des carburants ou de certains impôts. Une heureuse exception double à cette règle vient de se produire: après le texte de loi promulgué en Italie le 11 Août, qui stipule que le logiciel libre dans l'administration n'est plus seulement une bonne idée, mais c'est la loi, voici une circulaire du Premier Ministre datée du 19 septembre 2012 qui stipule que le Logiciel Libre dans l'administration publique est maintenant officiellement une bonne idée.

Le document attaché à la circulaire est une source précieuse de bons conseils pour le deploiement du Logiciel Libre dans l'administration publique, lecture qu'on peut recommander largement.

Si cette tendence se confirme, il faudra partir en vacance plus souvent... :-)

Tuesday, September 4 2012

Maintenant en Italie, utiliser du logiciel libre dans l'administration publique n'est plus seulement une bonne idee, c'est la loi!

Merci à Simone Aliprandi pour m’avoir signalé1 le fait que, avec un texte de loi publié pendant l’été2, l’Italie vient de modifier de façon significative la politique d’acquisition des logiciels pour l’administration publique, en donnant un exemple clair que bien d’autres pays devraient suivre.

Ce texte stipule que l’administration publique peut avoir recours soit à du logiciel développé expressément pour elle, soit à du logiciel déjà développé pour l’administration, soit à du du logiciel libre3.

Le recours aux logiciels propriétaires est expressément exclu, sauf dans le cas ou il est établi par une analyse économique et technique qu’il n’est pas possible de satisfaire autrement les besoins de l’administration.

Ce changement de la politique d’acquisition de logiciels fait partie d’un paquet qui porte le nom de "Mesures urgentes pour le développement de la nation"4, et ce n’est pas une coïncidence: en imposant partout où il est possible le recours aux solutions qui permettent à l’État de garder la maîtrise technologique de son parc logiciel, et de réduire les coûts récurrents en licences, il contribue certainement au développement du pays.

On rappelle qu’en France, on avait pu voir énoncer dans une première version du RGI de la DGME des règles inspirées aux mêmes principes

  • il est OBLIGATOIRE d’accepter des documents en format ouvert
  • il est POSSIBLE d’utiliser EN INTERNE des formats propriétaires, mais il est CONSEILLE de préférer les formats ouverts
  • il est INTERDIT de financer des migrations vers des nouvelles versions de logiciels utilisant des formats propriétaires

Mais à différences de ce qui vient d’être accompli par nos voisins italiens, ces règles n’avaient pas été retenues dans la version finale.

On ne peut que souhaiter que le gouvernement français s’empresse de rattraper son retard dans la matière.


1
Voir son billet sur Apogeo Online
2
Loi n.134 du 7 aout 2012, qui modifie l’article 68 du "Codice dell’Amministrazione Digitale"
3
On peut voir les modifications détaillées sur le site EUPL.IT
4
Decret n. 83 du 22 juin 2012 "Modifiche urgenti per la crescita del Paese", texte disponible sur le site du gouvernement italien.

Wednesday, March 21 2012

Mail changes...

The historic domain name jussieu.fr, corresponding to the physical place named "Place Jussieu" in Paris, served two universities, Paris Diderot and Pierre et Marie Curie.

In a few months, it will be gone. If one does not want to see too much e-mail lost, it is necessary to take preventive measures. Here is my pick.

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Saturday, November 26 2011

Tales from the Mancoosi frontline: experimenting with apt-get from experimental :-)

I wanted to install libreoffice today. To do so, I first tried using apt-get (Version: 0.8.14.1), and it proposes me a solution with the following characteristics:

338 upgraded, 181 newly installed, 81 to remove and 1880 not upgraded.

You can find the full solution, as well as the data to reproduce this upgrade scenario online at the Mancoosi Debian DUDF repository.

I was not satisfied, because I just wanted to upgrade libreoffice, not the whole system!

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Thursday, November 3 2011

Mutt+emacs

You can combine mutt and (x)emacs quite conveniently, in case you happen to use this combination of tools to send your mail.

UTF-8

First, let's make sure UTF-8 is used by both (to avoir horrible accent mis-rendering) by putting something like this in your .emacs/.xemacs init files

(setq locale-coding-system 'utf-8)
(prefer-coding-system 'utf-8)

It may even help to add this

(when (not (string= (getenv "LC_CHARMAP") "UTF-8"))
  (setenv "LC_CTYPE" "en_US.UTF-8")
  (setenv "LC_CHARMAP" "UTF-8"))
mutt mode

Then, download mutt.el as available for example from http://www.lemis.com/grog/programs/emacs/emacs/mutt.el and change the pattern for mutt buffers to read

(defcustom mutt-file-pattern "mutt-a-z+-0-9a-f+-0-9a-f+-0-9a-f+"
  "*Regular expression which matches Mutt's temporary files."
  :type 'string
  :group 'mutt)

Put the modified mutt.el it in your emacs/xemacs load path, and make sure your load it by puttin

(require 'mutt)

in your init files.

gnuserv

To avoid relaunching (x)emacs each time you write a message, it is better to turn your emacs into a server process; for this, add these two lines in your init files

(require 'gnuserv)
(gnuserv-start)
mutt

Now, tell mutt to use (x)emacs as a mail client by adding this line in your .muttrc:

set editor="gnuclient"

And that's it.... every time you send a message, you will be in a mutt-mode that has nice commands like

C-c tab		mutt-goto-signature 
C-c C-a		mutt-attach-file
C-c C-b		mutt-goto-body
C-c C-i		mutt-goto-signature
C-c C-d C-c	mutt-delete-old-citations
C-c C-d C-s	mutt-delete-quoted-signatures

Just remember to exit the (x)emacs buffer using C-c #

Thursday, September 29 2011

Separer le logiciel et le matériel sans gêner le consommateur? C'est facile!

Cela fait désormais 12 ans qu'on a lancé en France des initiatives qui visent à nous débarrasser de la vente liée, et il y a désormais une communauté organisée et efficace qui porte ce combat.

Le sujet semble revenir sur le devant de la scène politique, avec des propositions d'amendements que l'on peut qualifier au mieux d'insuffisamment réfléchies, et qui représentent un véritable retour en arrière pour les utilisateurs. Je ne suis pas sûr que les députés ayant déposé ces propositions soient forcément de mauvaise foi (même si on peut se poser des questions sur l'amateurisme de ceux qui les conseillent): écrire une loi n'est pas chose facile, et il faut bien savoir ce que l'on cherche à obtenir.

Le billet d'aujourd'hui se propose de donner à nos députés une idée précise de ce que l'on veut, et de comment l'obtenir:

  • on veut pouvoir choisir le logiciel qu'on installe sur notre ordinateur, et payer seulement ce que nous avons choisi, pas ce que le constructeur, ou le distributeur, ou l'éditeur de logiciel a décidé pour nous
  • on veut aussi pouvoir utiliser les logiciels qu'on a choisis, sur notre ordinateur, dès l'achat, sans complications inutiles d'installation

Cela n'a rien de sorcier: regardez un peu cette affiche publicitaire qui tapisse les murs des métros parisiens en ce moment

Clé activation Office

Vous voyez la clé d'activation à 99 euros? Cela veut dire que la suite Office de Microsoft est déjà presque prête sur l'ordinateur que vous achetez (rien à installer ou configurer), et que si vous payez le logiciel, vous obtenez un code qui la débloque immédiatement.

Cela veut dire que, techniquement, il n'y a aucune difficulté à fournir un ordinateur prêt à l'emploi qui permet à l'utilisateur d'activer (en payant un prix clairement affiché) le logiciel qu'il veut.

Eh bien, nous voulons simplement que ce choix soit élargi à l'ensemble des logiciels fournis sur l'ordinateur, et en particulier au système d'exploitation (Windows, Ubuntu, Mandriva, Debian, Mac Os, ...)

On veut voir dans les prochains mois dans le métro des affiches comme celle-ci:

Clé activation tous logiciels

Et on veut aussi rester libres d'acheter le matériel sans le logiciel, et libres de changer le logiciel si nous le souhaitons, donc, si nos députés souhaitent vraiment mettre main à la plume pour rédiger un texte de loi, il serait mieux d'en écrire un qui nous protège du danger d'UEFI.

Monday, September 5 2011

Visualising (the kernel of) free software repositories

Imagine that you want to find out which packages cannot be installed together in your latest and preferred free software distribution... how would you go about it?

One could try and install together all possible combination of packages, but a free software repository contains several tens of thousands packages, and more than one hundred thousand dependencies and conflicts, so this approach might be interesting only if you really dont know how to best use your account on a Google farm, and you don't care about wasting energy.

One could be a bit smarter, have a look at what has been done in the EDOS and Mancoosi european projects, and program a SAT solver to test these combinations of packages without actually installing them.



Or you could take a completely different approach, and come up with a revolutionary new way of looking at free software repositories.

In a few hours, I am taking a plain to Szeged, to attend the 8th ESEC/FSE conferece, where Jerôme Vouillon is going to show how to extract from free software distributions a co-installability kernel which is much more compact, can be visualised easily, and allows by simple visual inspection to answer this kind of questions in a few seconds.

To give you an example, from the main section of the Ubuntu 10.10 alpha 2 distribution, that contains 7277 packages, one can extract a very simple graph, that easily fits in an A4 page, and which shows all co-installability issues.

Looking at the graph, it is easy to spot immediately a problem with the distribution: you can only install ubuntu-desktop with the pulseaudio audio library, and not with the many other options which are available (like alsa): you can check by yourslef in the picture below

c

If you know Jerôme, you know that there is also some fantastic piece of software around, and you will be eager to try it... don't wait any longer, you can learn more about COINST by just clicking here.

And by the way, Jerôme's COINST tool got the Distinguished Artifact Award, which will presented at the conference.

It happens that the award is sponsored by Microsoft Research, which posted a nice announcement about it, and we can be happy to see Microsoft Research recognising the importance of the research challenges emerging from Free Software.

Monday, June 27 2011

L'Industrie du Logiciel en France : une analyse et des propositions pour l'enseignement et la recherche

Il y a environ un an, je sortais d'une réunion au ministère de l'Enseignement Supérieur et de la Recherche avec la charge d'animer, en collaboration avec Gérard Ladier, un groupe de travail qui devait s'atteler à réfléchir aux enjeux de l'Industrie du Logiciel en France.

On nous demandait en particulier de formuler des propositions concrètes et, si possible, originelles, pour accompagner le développement de ce secteur stratégique, dans lequel la France a des atouts importants, et pour lequel la France ne doit pas se réduire à un réseau de distribution de technologie venant d'ailleurs.

Le fruit de ce travail, qui résume les analyses et les propositions de personnes venant d'horizons assez différents, est aujourd'hui disponible sous la forme d'un rapport, qu'on peut télécharger ici.

Rapport sur l'Industrie du Logiciel

Les propositions formulées dans ce document sont de différentes natures: il est question par exemple de généraliser l'enseignement de l'Informatique, de mieux valoriser et accompagner le développement logiciel de qualité, de mettre en place une infrastructure mutualisée pour le développement collaboratif, de former les décideurs aux spécificités du logiciel (pour lequel les mécanismes traditionnels du brevet sont inopérants ou néfastes), d'adapter les instruments fiscaux afin de favoriser l'innovation, et non pas l'optimisation fiscale.

Évidemment, ce rapport présente une vision qui est le résultat du travail d'un groupe, et ne reflète pas forcément sur tous les sujets le point de vue de chacun de ses intégrants.

Ce document a été remis au ministére de l'Enseignement Supérieur et de la Recherche et fait désormais partie des documents sur lesquels peut s'appuyer la reflexion de nos institutions.

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