J'avais indiqué à la fin de cet article que la limite de la dépense acceptable par les ménages en frais de loisirs musicaux est déjà atteinte. À partir de ce constant, mon courrier à Eddy Mitchell, essayait d'expliquer, en faisant des calculs simples (mais pas simplistes) que les ennemis des artistes, compositeurs et interprètes ne sont pas les 'pirates', mais les intermédiaires qui absorbent la quasi-totalité de nos dépenses de consommateurs.

Je lui expliquais aussi qu’avec une licence globale très modique (quelques euros par mois) on pouvait réunir un pactole largement supérieur à celui que les artistes, compositeurs et interprètes reçoivent aujourd'hui, tous supports confondus. En échange de cette modeste contribution individuelle, les artistes gagneraient le double, et l'ensemble de la population aurait un accès libre à la culture musicale, sans aucun besoin de mettre en place des usines à gaz comme l'Hadopi.

Dommage qu'il n'ait pas souhaité répondre (j'avais envoyé une copie papier aussi à son agent, au cas où le mot Internet aurait été absent de son dictionnaire).

Mais j'admets aussi que je m'étais arrêté à moitié chemin: s'il est facile de récolter ce pactole (environ un démis-milliard d'euros par an), il est par contre plus difficile de le répartir de façon à éviter les dérives.

J'ai déjà eu occasion d'expliquer à bien de reprises, depuis 2005, à quelque responsable politique que si on veut maximiser la création (ce que tous disent vouloir), il faut utiliser une fonction concave de répartition, et non pas la fonction linéaire utilisée normalement par les mayors, qui aboutit à des effets de monopole et de monoculture.

Comme j'ai eu plusieurs dossiers critiques à suivre, je n'ai pu trouver le temps de mettre ça au propre sur ce blog... je me disais que ce n'était pas urgent.

J'avoue avoir sous-estimé la mauvaise fois des tenants de l'ordre passé: on découvre maintenant que le rapport Zelnik préconise d'instaurer une taxe sur Internet (on parle aussi de taxer Google), qui aboutirait à maintenir les bénéfices des intermédiaires de la musique, sans aucun avantage pour les artistes, et aucun gain pour nous, le public.

Donc, je me pose la question de savoir s'il vaut encore la peine de prendre quelques nuits pour mettre bien au propre un modèle de répartition des gains obtenus par biais de Licence Globale en utilisant une fonction concave.... faites-moi signe si vous pensez que c'est le cas, et encore plus si vous avez envie de donner un coup de main à peaufiner la théorie.